Les gratitudes de Delphine de Vigan (ed. JC Lattès)

Ce petit opuscule se lit d’une traite. L’auteur aborde avec douceur et tendresse les mille et une façon de dire merci !

Extrait :

« C’est venu d’un coup. Du jour au lendemain. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de signes avant-coureurs. Parfois, Michka s’arrêtait au milieu de son salon, désorientée, comme si elle ne savait plus par quoi commencer, comme si le rituel, si souvent répété, soudain lui échappait. D’autres fois, elle s’arrêtait au milieu d’une phrase, elle butait, au sens propre, contre quelque chose d’invisible. Elle cherchait un mot et en rencontrait un autre … »

L’été n’est pas si loin…

et déjà l’automne nous entraîne vers les plaids moelleux et les thés fumants. Hier encore nous étions enfants, sautant, plongeant, nous ébrouant au sortir de la vague. Depuis nous nous recroquevillons dans notre carapace, fuyant les embruns humides en courant pour nous abriter sous les vitres protectrices de nos jardins d’hiver.

J’ai rendu les clefs, celles qui ouvrent la voie de l’escampette ! Celles des jours où rien ne freine les désirs (surtout contraires) et encore moins les rêves. L’été se prête si bien à la manoeuvre qu’il fait presque oublier qu’il n’est pas le seul à en promettre. Nous sommes plus frileux à l’orée de l’hiver, mais quoi qu’on en dise la saison importe peu, il suffit que l’envie subsiste.

Après tout, la porte est restée ouverte…

1,2,3… soleil

Il est des jours que le calendrier disloque mais dont on se remémore sans peine tant leur intensité fait encore frémir nos corps.  Ils sont comme une petite musique, un refrain qui nous étreint et dont les premières notes viennent à notre rencontre, encore et encore comme un rien. Les vagues du souvenir jouent leur ritournelle et cela suffit à nous convaincre d’y replonger sans le moindre détour.  La nostalgie est une petite parenthèse que l’on s’octroie les jours ou l’orage voudrait nous faire faire demi-tour. 

Toute une histoire… (Rh en marche… ou pas )

C’est bien le problème ! Pour rien, ou si peu de choses. Pour une aventure d’été qui a bien envie de passer l’hiver, ou l’inverse d’ailleurs. Cela n’a guère d’importance ni dans la vie des uns et des autres, ni dans celle du monde. Alors pourquoi en fait elle toute une histoire ? 

Pour se dédouaner, par prétexte, pour faire “sa” belle ? Au fond cette relation est quelque chose de privé, pas de secret mais de privé. Elle n’aurait jamais fait le tour des open-space sans la gêne et les soupçons qu’elle fait pointer. C’était sans compter l’envie de dire ce que l’on est et ce que l’on vit. Soit. Nous avons tous la liberté de dire… mais vous savez quoi ? Moi je revendique la liberté de ne pas savoir !

Après tout, je n’ai rien demandé. J’ai assez de mes petites histoires de famille ou d’entourage pour ne pas verser dans celles qui vivotent à côté. Le boulot prend beaucoup de temps, j’aimerai éviter qu’il envahisse l’ espace qui reste libre.   Sur ce coup là, vous l’aurez compris c’est raté !

Non seulement il faut supporter les bruits de couloirs mais la “confidence” de la principale intéressée. On m’aura décidément tout fait !! Les faits justement me direz vous. Du grand classique : la secrétaire du sous chef qui se régale du chef, ben forcément ça porte un peu à confusion ! En soit rien d’illégitime, de coupable ou d’indécent, mais un peu gênant comme situation vous ne trouvez pas ? 

Le sous chef n’est pas l’employé modèle et préféré du chef, tout le croustillant de ce non événement réside dans cette petite contrariété : l’adversité.  Le jeu du pouvoir et de ses influences sur un air non pas de romance mais de parano et de rumeurs qui enflent ! 

Que croyez-vous qu’il se passa lorsque le sous-chef apprit ça ? Il entra dans une colère du feu de Dieu, qu’il dû garder pour lui. C’est peu dire qu’il enragea…coincé il ne pouvait rien faire.  Vous admettrez facilement que bien que cette relation soit peu opportune, elle ne peut en aucun cas être qualifiée de faute professionnelle ! (la principale intéressée n’ayant signé aucune clause de fidélité 🙂 ). 

Vous le savez aussi bien que moi. Dans la vraie vie, il y a les règles et ceux qui les bafouent. Ceux qui ne savent pas faire la part des choses et voient le mal partout sont peu enclins à se montrer magnanimes et à accorder au minimum le bénéfice du doute. Tout autant qu’ils ne peuvent “laisser passer” sans rien faire.  Je vous l’accorde, cela n’est pas très très élégant, mais bon sang ! tellement “réconfortant” Ah…le plaisir nourri par la vengeance, cette satisfaction qui née  du sentiment d’avoir damé le pion et qui prend aux tripes…

C’est pas joli joli de se comporter ainsi, mais dans la vraie vie, ce qui est joli n’est pas à la mode. Vous ne serez pas surpris par la suite de l’histoire, qui fit grand bruit dans les couloirs. Le supérieur usa de toute sa rage pour répandre à grands renforts de commentaires l’existence de la relation entretenue par sa secrétaire. Minant ainsi le terrain de la belle des pires embûches, insinuant l’intérêt et la duperie et suggérant la  misérabilité de cette existence vouée comme chacun le sait à la fameuse promotion canapé. 

Bon allez, on va pas vous la faire. Dans la boite l’esprit d’équipe c’est pour les journées corporate. Cohésion, cohésion, cohésion ! Les autres jours ben c’est la guerre ! Chacun tire la couverture à soi et advienne que pourra. Personne n’hésite à tirer sur l’ambulance alors si en plus le sous chef balance…

Nous sommes en 2021, en France au siècle qui se veut paritaire, égalitaire… et dans les faits on fait encore toute une histoire de ce qui est du domaine privé. On ne peut imaginer d’une femme qu’elle n’ait besoin d’aucun homme pour mener son parcours professionnel et le construire sans aide à la seule force de ses compétences. (Bon là en l’occurrence les compétences… mais bon ce n’est pas le sujet).  Quoi qu’on en dise “on” insinuera toujours ! 

C’est triste, comme souvent sait l’être la nature humaine…. Mais punaise merde, j’en ai rien à faire moi de cet “adultère” !!!!