Lou, y es tu ?

La torture c’est le silence. Il n’y a là aucune demi-mesure possible. Comment « exprimer » la douleur quand les mots sont impuissants à en décrire l’intensité ?

Lentement le poids s’est insinué dans chacun de mes gestes. Tout en moi était de fait relié à ces événements aussi traumatisants qu’indicibles et dans lesquels je me noyais. Ankylosée, incapable d’en supporter plus, de produire le moindre mouvement de rébellion ou de défense . Je survivais sans demander mon reste.

Momifiée dans ce silence, je résistais timidement et presque à contre coeur à l’envie de ne plus avoir envie d’éprouver quelque sentiment que ce soit. Se faisant, m’isolant de tout et de tous, il me semblait que je souffrirai moins et que peut être j’irai mieux.

Je me cachais, tout autant que je taisais aux autres, la raison de cet état post traumatique, désireuse de tuer dans l’oeuf le moindre de son souvenir. Mais me taire c’était encore bien trop en souffrir.

On m’incita à me défaire des affres de ma peine en prenant la parole, en expliquant haut et fort d’où elle provenait. Mes mots échouaient sans cesse à convoquer l’horreur comme on lui redonne vie, j’étais incapable de raconter l’objet du délit.

Ce sont mes mains, qui les premières ont pu dire ce qu’il en était. Elles se sont tendues timidement d’abord puis plus volontaires ensuite, puis définitivement sûres d’elles. Enfin mon corps ré-appréhendait la matière. Redonnant à mon silence une forme de légitimité. S’annexant rapidement le droit de dire ce qu’elles savaient, elles laissèrent échapper le secret tout en le muselant sous la glaise.

L’atelier de sculpture devint peu à peu mon refuge communautaire. Au milieu d’entre tous mais étrangère aux autres je me laissais convaincre par une audace soudaine et toute à fait nouvelle. Puisqu’il fallait en sortir, qu’importait au final la manière, il suffisait de dire, l’exposition ferait le reste.

La beauté de l’art, c’est la liberté d’être. Aucun jugement, précepte ou règle, ne m’était plus imposé : le beau est partout à qui sait le reconnaître. Je n’avais plus à éprouver de honte, il me suffisait d’être et de modeler comme il me semblait bon. Même si cela signifiait ressentir à nouveau, s’ouvrir à la perception des choses, c’était également les mettre à distance. Je me rendis rapidement compte qu’au bout de mes mains c’était suffisamment loin pour que cela prenne une consistance intéressante.


C’est ainsi que naquirent mes statuettes. Icônes irrévérencieuses elles affichent ostensiblement leur féminité et quelques indécences sans jamais se départir d’une certaine pureté. Mélangeant habillement l’art et la manière d’être en société « politiquement correctes » et une totale indécence en révélant les maux cachés, les blessures infligées et tout le reste. La vérité n’étant pas dans ce qui est immédiatement visible, sauront ceux qui prendront la peine de bien les observer.

C’est dans cette forme de représentation de soi que ces femmes d’argile s’exposèrent bientôt à la vue et au su de chacun, dans un long cri de douleur qui semblait infini et avait eu le don de me rendre à la vie. Ainsi modelée, mon histoire s’affichait ouvertement, enfin je parlais. Mon histoire intime et si particulière devenait celle de tous et d’une certaine façon universelle.

Librement inspiré de la lecture de l’article : https://blogs.mediapart.fr/philippe-godin/blog/260221/catherine-wilkening-la-vie-transfiguree

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Ce qui se cache

au delà de l’image, affichée presque proclamée, c’est ce que tu tais.

Cela rassure ton auditoire de retrouver dans cette exposition ciblée, l’aveu bien commode d’un amour indéfectible et délicat, empreint de douceur et de certitudes. C’est bien pratique et surtout cela n’appelle aucune question, nul doute et pas plus de questionnements. Tu affiches donc tu es ! Au règne des réseaux sociaux, tu fais passer le message et tes proches s’en contentent bien volontiers.

Moi, je me marre et selon l’expression consacrée, je ris dans ma barbe (que je n’ai pas d’ailleurs 🙂 ). Parce qui d’autre mieux que moi c’est ce que tu n’es pas ? Je vous le donne en mille : pas grand monde. Tous ceux qui forment la belle équipe de tes plus grands potes, n’ont pas de souci autre à se faire que les leurs et s’il daignent parfois t’écouter en coeur autour d’un verre, c’est plutôt pour tes conseils avisés en la matière qu’au sujet d’éventuels dilemmes relationnels. La vie des autres, même celle de leur « meilleur » pote, franchement c’est : anecdote ! Déjà la leur, c’est tout un problème, une équation à deux inconnues serait plus facilement résolue que leur pseudo engagement infaillible, leurs tiraillements incessants et leurs histoires de famille, c’est dire s’ils n’ont pas d’instant à consacrer à tes soucis métaphysiques.

Tu ne veux inquiéter personne sur ton sort. Rassures toi, de tes proches aucun n’avait l’intention de s’en faire. C’est une aubaine ! Si seulement ils pouvaient faire de même. Beaucoup envie ton audace, ta façon de paraître « grande classe ». Ils voient dans tes manifestations un peu vieille époque, ton côté mousquetaire – seul à trouver non pas les ferrets mais bel et bien la reine et de t’en vanter sous le sceau du secret. « Ne le dites pas mes potes, mais j’ai trouvé le top !  » Bien sûr qu’ils te jalousent et sourient de bon coeur en trinquant à la belle aventure, en pensant au fond qu’elle est tellement contre nature, qu’elle ne durera pas un round de plus que la précédente, pour sûr c’est couru d’avance.

C’est vrai qu’au fond ils t’aiment…bien, tu les fais rire. Avec toi il peuvent rigoler de tout et tant qu’il ne s’agit pas d’en pleurer. Tu les retrouve sans mal autour de la table pour trinquer et ils ne sont jamais les derniers à lever leur verre … à leur santé et qu’importe la tienne. Tu dis souvent qu’ils sont là quand tu es en peine, mais combien d’entre eux se libèrent dans l’instant quand autour de toi la vie se déchaîne ? Les doigts d’une main, rappelle toi ce qu’il en resta…

Je souris car au fond je sais que tu n’es pas dupe. Cela t’arrange bien d’être « taillé » pour l’aventure. C’est ainsi que tu voudrais être, le héros parmi les « guests  » et un héros qui mieux que toi le sait : ça ne pleure ni ne se plaint jamais !

Plein sud

Au large, bien au delà des terres. Le voyage qui m’éloigne du rivage déflore les frontières invisibles de l’éloignement, il se veut entreprenant. Rien de l’attente n’est productif, pas même l’ardeur du manque. Alors pourquoi se muer en statue de sel en attendant ? Il me faut occuper cette espace vacant que ton exil creuse entre nous. Noyer ce trop de temps et d’espace ou tu as laissé tant de traces. Aujourd’hui ou demain qu’importe le temps que cela nous prendra, il n’y aura qu’un pas à faire pour rassembler nos vies à terre.

Si proches et pourtant si loin de nous ces instants. La vie dilapide à en perdre haleine tous nos projets et nos rêves. Je peine à comprendre pourquoi faudrait il toujours perdre ce à quoi l’on tient tant. Mes yeux fixent l’horizon lumineux et ma rage se terre, ici il n’y a pas de place pour les peut-être.

Ici ou ailleurs c’est aussi nous. Nos existences parallèles ne sont qu’un seul des paramètres, elles ne se jouent pas de tout le reste. L’ensemble n’est pas un mouroir des possibles, la distance reste l’écrin ou germent nos désirs inassouvis : notre jardin d’Eden en devenir

A l’épicentre

Est-ce que cela aurait modifié mon destin ? Dieu, s’il existe, est bien le seul à le savoir !

Dieu, je sais qu’il me regarde. Il y a longtemps qu’il a percé mon âme, je crois qu’il ne m’en veut plus.

Il est plus fort que moi – parce que moi, je ne lui pardonnerai pas ! S’il est vrai qu’il est si habile à pourvoir des vies et des destins exceptionnels, des légendes et j’en passe : il n’a rien prévu pour moi.  De bien je veux dire, parce que pour l’exceptionnel et le légendaire là on peut dire qu’il a eu la main verte au pire sens du terme.

Y penser  c’est  revivre tout ce que l’on voudrait effacer. Ne pas laisser le moindre espace par lequel les souvenirs s’infiltrent et font une place à la culpabilité. Rejoindre la camisole, se dédoubler. Caché dans l’image de l’ange il ne peut plus rien m’arriver.  Je ne suis plus celui qu’on accuse mais celui que l ‘ on veut sauver. La vérité est un danger que je me refuse à affronter. J’aimerais parfois que tout s’efface qu’il ne me soit rien arrivé et que je ne sois pas né. 

J’en tremble. Mon existence est un effroi constant. Pour autant que je me souvienne, dès mes plus jeunes de mes années, jamais au grand jamais, je n’ai éprouvé d’apaisement ni  de sentiment de sécurité. Sans cesse aux aguets prêt à l’esquive. J’ai riposté. L’impossible impassibilité m’oblige à ne pas laisser mon esprit libre de penser.  Il me faut à tout instant empêcher mes remords de me tordre les tripes. Oublier.

Les substances m’envoient en vacances, délocalisent mes pensées. Elles se foutent du contexte et obscurcissent les faits. Ou que je sois je deviens un autre je suis presque libéré.  Illusions en cascade jusqu’à retomber.  On ne naît qu’une fois , les dés sont lancés. Rien à faire je suis un criminel,  un usurpateur , un comédien né, agile pour mythoner. J’interprète, me glisse sous le costume, deviens cet autre qui n’est pas tout à fait moi mais ne m’est pas étranger. Il paraît même que je suis doué.

Rien à faire. Impossible de revenir en arrière j ai grave déconné. C’est comme si j’étais sorti de moi et  qu’un autre agissait.  En fait je crois bien que cela m’arrange surtout de le penser. Penser que je suis un monstre, le reconnaître et même simplement l’envisager est bien trop difficile à supporter.  Je donnerai tout pour revenir en arrière, pour tout rembobiner.

Il est trop tard…la peur a annexé mes tripes elle s’y love et n n’est pas prête à disparaître. Je ne suis qu’un truand, un criminel,  un raté.  Tout en moi bouillonne : la haine, les regrets,  le dépit … tout  m’assaille je suis piégé. Je ne parviens pas à faire taire cette litanie incessante obsédante à souhait.

Impossible de réécrire la scène elle est dans la boîte, déjà tournée. Rien en moi ne s’ effacera jamais. Je n’ai pas fini de trembler.

Un autre regard …

L’éclairage des étoiles n’était pas le plus adapté.
Il découpait des ombres fines et régulières et, ce faisant, il gommait toute aspérité.
Ce n’était pas totalement innocent mais, qui l’est ?
C’est du solstice d’été que vint la lumière qui fit jaillir la vérité. Nul doute ne pouvait alors subsister : tu mentais. Joliment certes, mais à grande échelle avec ampleur et plus si affinités…ce qui n a pas grand intérêt. Il aura suffit d y voir clair pour que toutes tes histoires s envolent en fumée.