Sous la surface

 

Dans la lagune, légère comme une enclume, je bulle. Je respire encore et dès l’aurore, le monde s’offre. Il m’est difficile de vous dire si cela est mieux ou bien pire, je m’applique, je respire.  Ici sous la ligne, la flottaison imprime un mouvement intime qui change avec les saisons. Ce n’est ni raisonnable, ni complètement à la marge, le tangage à ses raisons… Je ne tourne plus les pages, mon histoire s’écrit sans laisser de traces et c’est bien mieux comme ça. Je rencontre des ailleurs qui m’enchantent, pour certains je trouve étrange qu’ils soient encore si présents. Il y a des jours où je rêve de banquise, d’infini et d’espace, d’une forme de vide.  Une envie irrésistible de landes vierges et désertiques, comme une page blanche qui s’affranchirait des vieux millésimes et serait à conquérir. Une bouffée d’air pur qui m’insufflerait un nouveau rythme.  Cela est probablement la suite logique, la façon didactique de se remettre en piste lorsque les souvenirs résistent. Bien sur, quelques fois  il est tentant de prendre la fuite. Mais même si au début les rouages grippent, ce n’est  pas si désagréable de déraper une fois ou deux. L important est de rester en piste…

November

 

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Un temps de novembre qui s’accroche aux branches effeuillées, un temps passé. Des forces obscures qui viennent encore roder autour de la lagune, c’est souvent pathétique et inapproprié. Décalé. Comment conjuguer ces moments en suspens avec ceux du présent, ceux qui pèsent dans la balance lorsque tanguent les sentiments. Ils sont comme la nuance d’une couleur que l’on ne verrait pas s’ils n’avaient pas existé, alors comment les taire ?

Rationnellement, je ne veux pas l’entendre, car il n’y a d’entendement dans ce flou éphémère qui dure infiniment. Alors, disons que j’obtempère, gracieusement, à l’ordre qu’ils vocifèrent, en dedans. Un renvoi d’ascenseur en somme, pour toutes ces quantités de choses qui s’envolent avant même d’avoir été frivoles.

Lui

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Etait ce il y a quelques jours où bien seulement quelques heures ?

Remonter le temps je n’ai jamais su faire. Mes souvenirs s’évitent :anarchiques. Cela fait un bon moment qu’ils n’envisagent plus de construire. L’imprécision m’avantage, m’épargne les disgrâcieux détails, ménage ma si précieuse image. La réalité, je m’en accomode. Elle va, vient, s’érode. L’histoire que je fais mienne élabore des théories, échafaude les plans de mes chateaux en Espagne, nourrit mon personnage.

Je n’avais pas de vie avant elle. L’empathie me fuyait comme la peste et l’intérêt que j’inspirais parfois, n’avait rien de glorieux, croyez moi !

Je répètais à l’envi que je n’en avais rien à faire de ce que me réservait le sort, même s’il était cruel, que je me battais fort, que j’avancais quand même. J’étais le seul qui y croyait, ça fait peu tout de même. Fier et orgueilleux te tout mon être.

Je l’ai croisée, entre ses lignes de mire, dans un camp retranché qui enfermait ses espoirs déçus, ses renoncements et une bonne dose d’humour sur ses hésitements. C’est con à dire, mais, je me suis perdu lorsque je l’ai trouvée, ma bouffée d’air pur, mon imaginée. Moi le roi des mythos, soudain par le mensonge révolté, je ne savais que faire… j’ai perdu pied. Soudain je me voyais percé à jour par sa stupéfiante accuité. Aucun de mes travers et de mes attitudes n’échappait à son regard aiguisé. Démasqué. Pas si aisé de continuer le jeu des faux semblants.

Je me suis fourvoyé dans des silences qui masquaient mal ma peur d’approcher l’enchantement. Je n’osais franchir le pas de la sincérité, avancer sans armure et sans calcul me mettait mal à l’aise, j’hésitais. Pas facile de n’être que celui que l’on est. Entre le confort d’une histoire joliment inventée et la vérité crue d’où l’on s’est échappé, la peur est, sans nul doute, la pire alliée.

Franchir le pont, un risque qui me tentait, mais pas suffisamment fort pour y céder. J’ai toujours eu beaucoup de mal à gérer mes réalités.

Depuis elle, le temps n’a cessé de passer. Arythmique et désanchanté…

Pfffffff

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Ce que la pause impose n’est pas tant l’arrêt qu’une forme d’avancée intérieure – le tout étant d’en sortir !
….

Au bout du compte il n’est pas si impossible de vivre sans. Cela est simplement plus périlleux. Il s’agit de maîtriser ce fragile équilibre entre des émotions contradictoires qui nous prennent à la gorge lorsque le vide est partout et que la tentation de replonger paraît la seule issue.

Fatalement ‘par ici la sortie ‘ devenue voie royale de tous les évitements, c’est pratique, tranchant et vif. Ca pique un peu…forcément quand on déchire ce n’est pas ce que l’on fait de plus subtil-mais il faut bien en découdre à un moment où un autre si l’on veut changer les choses.
L’avancée a donc un prix pour les uns et des coups pour les autres. Fragile équilibre vous disais je !

Apprendre

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De mes peurs, de mes limites mais surtout de ma résistance.
Il est temps. Temps d’en extraire la substantifique moelle d’y croire et d’entendre.

Confronter mes rêves à ce que j’en ai fait. Arrêter le supplice des répliques tectoniques de ces bases bien loin d’être fondatrices.  En rire.

Réagir sans rugir, fixer les éléments du désir et mûrir. Rares sont les soupirs définitifs…respire !!!

Voir plus loin, vers demain.

Aller de l’avant

 

« Aller de l’avant c’est vivre. Sauf au bord des falaises. »

Sylvain Tesson.

(Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages)

 

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Il y a au fond de chacun d’entre nous une force insoupçonnée, tapie dans l’ombre, prête à jaillir comme à rompre en une fraction de seconde. Elle attend l’heure dite, le point de chute qui précipite, là, en repli en coulisses. De basses manœuvres en visées de tireur d’élite, nombreux sont les chemins qui l’expliquent, mais aucun de nous ne sait véritablement pourquoi ou comment se produit le déclic.

Et dans notre vie qui ne tient qu’à un fil, voilà que soudain s’exprime cette force vive, tirée de sa retraite par le fameux marionnettiste aux scénari qui exigent d’avoir voix au chapitre. La voilà qui explose façon apothéose, s’appliquant à attacher aux hommes et aux choses un parfum d’overdose.

Pourquoi faut il en arriver à cette extrémité pour que la vérité de la vie nous soit ainsi révélée, comme une gifle.

Il faudra partir, renoncer au confort des habitudes, s’offrir à l’aventure.

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Une fois la porte refermée sur nos certitudes, l’hésitation n’est plus de mise, le chemin au bout de nos pas se dessine et la vie s’enracine. Elle reprend son cours, ou le poursuit qui peut le dire ?

L’histoire n’est pas celle que l’on écrit, mais celle que l’on signe,

Les anecdotes jalonnent le parcours, elles seront en nous toujours, parfois contre et rarement pour.

Avancer ne permet pas de s’en défaire, elles sont là, même si elles se terrent. On les croise parfois au détour d’une histoire, elles s’y faufilent en filigrane.

Mais la vie est ailleurs, là où elle grandit et nous entraîne, jamais dans les souvenirs qu’on égrène.

C’est vers elle qu’il faut aller et ce, sans hésiter.

Au fond…

Parfois les mots ne peuvent plus dire… Alors ils ne peuvent s’écrire.
Ils deviennent silencieux et légers, simples arabesques et déliés et ils perdent leur ton pour de bon.

On les cherche, les perd, les confond
puis ils nous échappent et s’en vont. Larguant l’amarre pour des rimes plus riches ou plus subtiles nos mots s’éparpillent.

En soit cela n’a rien de dramatique.

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Entre deux mers

 

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Dans le sillage des effluves iodés, la vie prend un petit côté épicé. Les inébranlables ont bien vécu, scellés comme ils l’étaient dans le convenu, ils n’étaient pas prêts à prendre le large. Difficile de changer de cap au beau milieu du voyage. C’était sans compter sur l’âme du Capitaine,

qui aime beaucoup les ports, tant qu’elle n’y séjourne guère …

Un aller simple.

L’idée elle-même faisait déjà frissonner. Elle rimait avec « changer », alors … le diable pouvait bien l’emporter.

S’il fallait choisir un itinéraire, la ligne droite ferait l’affaire. Découpant sans bavure, le paysage jadis austère, elle laisserait bientôt éclater la lumière.

Un aller simple.

Un avant-goût de sel, au bord des lèvres, en avant les rêves !

Ne serait ce qu’une seconde…

http://jack35.wordpress.com/2013/12/09/ne-serait-ce-quune-seconde-video/#more-49811

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Pour que justement l’instant s’envole, que la chape de plomb se dérobe sous un petit air de vie en rose.

Pour un moment d’osmose, sans avenir, juste une pause.

Pour l’espace d’une seconde…

Tisser des liens éphémères au fil d’une vie qui s’altère, faire en sorte qu’elle reste BELLE

Ne rien vouloir que l’on promette, ne pas se sentir tenu de le faire,  désirer seulement qu’un instant tout s’arrête. Partir, s’enfuir, s’élancer peut être… mais avant tout, tout simplement ETRE.

Neuf, comme le jour qui se lève, prêt à tout, quitte à déplaire, ne plus rien refuser, ne plus taire.  Prendre la route, repartir en arrière, rembobiner le film éluder les scènes et surtout…reprendre les rènes.

Redevenir le requin au bal des sirènes…

A :  Mister G