A l’épicentre

Est-ce que cela aurait modifié mon destin ? Dieu, s’il existe, est bien le seul à le savoir !

Dieu, je sais qu’il me regarde. Il y a longtemps qu’il a percé mon âme, je crois qu’il ne m’en veut plus.

Il est plus fort que moi – parce que moi, je ne lui pardonnerai pas ! S’il est vrai qu’il est si habile à pourvoir des vies et des destins exceptionnels, des légendes et j’en passe : il n’a rien prévu pour moi.  De bien je veux dire, parce que pour l’exceptionnel et le légendaire là on peut dire qu’il a eu la main verte au pire sens du terme.

Y penser  c’est  revivre tout ce que l’on voudrait effacer. Ne pas laisser le moindre espace par lequel les souvenirs s’infiltrent et font une place à la culpabilité. Rejoindre la camisole, se dédoubler. Caché dans l’image de l’ange il ne peut plus rien m’arriver.  Je ne suis plus celui qu’on accuse mais celui que l ‘ on veut sauver. La vérité est un danger que je me refuse à affronter. J’aimerais parfois que tout s’efface qu’il ne me soit rien arrivé et que je ne sois pas né. 

J’en tremble. Mon existence est un effroi constant. Pour autant que je me souvienne, dès mes plus jeunes de mes années, jamais au grand jamais, je n’ai éprouvé d’apaisement ni  de sentiment de sécurité. Sans cesse aux aguets prêt à l’esquive. J’ai riposté. L’impossible impassibilité m’oblige à ne pas laisser mon esprit libre de penser.  Il me faut à tout instant empêcher mes remords de me tordre les tripes. Oublier.

Les substances m’envoient en vacances, délocalisent mes pensées. Elles se foutent du contexte et obscurcissent les faits. Ou que je sois je deviens un autre je suis presque libéré.  Illusions en cascade jusqu’à retomber.  On ne naît qu’une fois , les dés sont lancés. Rien à faire je suis un criminel,  un usurpateur , un comédien né, agile pour mythoner. J’interprète, me glisse sous le costume, deviens cet autre qui n’est pas tout à fait moi mais ne m’est pas étranger. Il paraît même que je suis doué.

Rien à faire. Impossible de revenir en arrière j ai grave déconné. C’est comme si j’étais sorti de moi et  qu’un autre agissait.  En fait je crois bien que cela m’arrange surtout de le penser. Penser que je suis un monstre, le reconnaître et même simplement l’envisager est bien trop difficile à supporter.  Je donnerai tout pour revenir en arrière, pour tout rembobiner.

Il est trop tard…la peur a annexé mes tripes elle s’y love et n n’est pas prête à disparaître. Je ne suis qu’un truand, un criminel,  un raté.  Tout en moi bouillonne : la haine, les regrets,  le dépit … tout  m’assaille je suis piégé. Je ne parviens pas à faire taire cette litanie incessante obsédante à souhait.

Impossible de réécrire la scène elle est dans la boîte, déjà tournée. Rien en moi ne s’ effacera jamais. Je n’ai pas fini de trembler.

4 réflexions sur « A l’épicentre »

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