La caresse…

Et le vent souleva le voile de coton qui couvrait ma poitrine. Je m’étais allongée à l’ombre du vieux saule, au bord de ce ruisseau d’où naissent ses racines noueuses profondément immergées. En cet après-midi d’été que nous passions à Grand Home, le soleil au zénith jouait les sémaphores en illuminant chaque parcelles de nos corps de paillettes dorées.

Les éclats de lumière se plaisaient à atteindre avec malice, le tendre de ma peau en traversant les jours de la dentelle fine sur le haut de mes seins.

Nos gestes les plus indolents s’attachaient à provoquer nos désirs déjà très inspirés. L’eau salée perlait à la lisière de mes lèvres et s’echinait à recouvrir ma peau blanche lascivement abandonnée.

Assommée par la chaleur, en cet été soumis aux désirs amoureux, la brise jouait la complice des ces moments langoureux.

Impressions fugitives du bord de mer…

Copyright One day – Iles de Lérins avril 2020

C’était le temps des utopistes ! Les rêveries allaient bon train. Une phrase sibylline suffisait à offrir un festin. Je me régalais de tes lapsus et de tes « j’en suis certain ! ».

Ailleurs le soleil brillait encore, sans aucun doute mais ici la lumière irradiait bel et bien ! L’éclairage futur pourrait bien nous donner tort, peu importait d’imaginer ou pas une suite il s’agissait d’habiter le décor. Des vagues de brume de nos heureux matins aux halos de nos crépuscules aventureux, rien ne valait mieux que la douceur de ces rivages sublimes et nos sourires radieux. Tu retrouvais tes terres Saintes et les ravissants souvenirs qui précédaient nos lendemains. Tes voeux les moins pieux se joignaient à ma frivolité vagabonde. Qu’espérer de mieux ?

La vie se vivait aux heures claires du printemps, sous des auspices on ne peut plus langoureux. A l’abri du jugement du monde et des yeux trop curieux il était si facile d’être simplement nous deux. L’accord parfait n’aurait pu se jouer mieux qu’en ce lieu sans artifice et d’une beauté sauvage digne des Dieux. J’éprouvais le frisson de l’éphémère sortilège propre aux amoureux. Tes passions intimes résistaient peu…

Je rêve de voyages…

L’espace me manque et souvent je repense à tous ces lieux ou l’horizon ne semblait avoir aucune limite. Ces heures souveraines ou je pensais sans nulle autre contrainte qu’à d’être dans l’instant et en profiter pleinement. Sans couvre feu et sans attestation qu’il était de bon de s’échapper du quotidien et de visiter le monde à la petite semaine avec pour objectif de le faire à en perdre haleine sans jamais ne rendre de compte à quiconque.

C’est toujours une fois le bonheur consommé que l’on se reproche de n’avoir pas assez profité. Cloîtrée dans mon antre, l’aventure et l’ailleurs manquent cruellement à mon quotidien et ce ne sont pas ces quelques jours de congés au rabais qui vont me consoler.

Je dois me contenter de vagabondages étriqués et souvent un peu stériles ce qui ne m’emballe pas outre mesure.

J’espère que vous en tirez mieux que moi et que vous avez trouvé des sources de petits bonheurs pour vos journées.

Quoi ma gueule…

Elle n’est pas commune, c’est une figure. On ne remarque qu’elle, bien avant même que je ne parle, on en bave. Pas moyen de faire en sorte qu’on la censure, ma gueule elle, elle assure. Depuis le temps qu’on se supporte, cela nous a fermé quelques portes. Et si elle n’a pas sa langue dans sa poche, ce n’est pas moi qui lui ferait de reproches.

Inspiré du documentaire la disgrâce diffusé sur France 2 et disponible en replay – Témoignages courageux, dignes et exemplaires. (https://www.france.tv/la1ere/guyane/infrarouge/2170415-la-disgrace.html)

Un signe …

Ou pas. Une simple coïncidence, un manque de chance. Peut être pas, mais alors pourquoi ?

Tout la question est là. Résumée en ces mots, posée et s’imposant à moi. Mais comment y répondre, quel sens trouver à cette interrogation jaillie de l’ébullition incessante des mes neurones sensés être en vacances ? C’est incroyable cette manie : je ne peux pas me satisfaire d’un état de fait, tout simple, sans but, sans logique mais surtout sans mystère. Voilà le noeud problème !

Je me promène sans cesse, avec cette idée en tête que rien n’arrive par hasard ou sans raison. Bon sang, croyez moi c’est chiant !

Qu’il serait doux de passer outre, de suivre mon chemin sans y porter attention. Etre aveugle aux phénomènes qui finissent toujours par me donner la migraine. Après tout, quoi qu’il en soit, qu’est ce que cela changera pour moi ?

See you soon

Je n’imaginais pas que cela serait possible. C’est un peu comme si cette année 2020 n’avait jamais véritablement débuté ni ne s’était déroulée. Aux premiers jours, l’air du temps, frais au demeurant, embaumait l’aventure. Un commencement qui tenait ses promesses et présageait de multiples déplacements, découvertes et autres petits bonheurs en tout genre. Il n’en fut rien. A peine la frontière passée, les portes se refermèrent, scellées bien plus longtemps qu’après le printemps. Je n’avais eu que le temps de cheminer vers les cimes encore enneigées que déjà il me fallait me confiner au creux de la vallée. Sans nul doute l’été serait long à venir nous libérer.

Ce fut comme vivre dans une bulle, la mienne et rien de plus que ça. En étroitesse avec moi même. Au plus près de ce qu’il m’a été permis de juger, et en toute objectivité, ce n’est pas si mal comme cohabitation. Je suis plutôt sociable de nature et l’isolement ne m’effraie pas. A bien y réfléchir, cet espace là, ne me déplaisait pas mais il contraignait gravement mes mouvements. A l’usage il s’avéra bien plus respectueux de mon environnement que je ne me l’étais imaginé. A distance, il me tenait loin des autres, très près de moi. D’un point de vue tout à fait comptable, le temps passa lentement et l’éloignement fut propice au recul et au détachement. En somme, ce fut plutôt plaisant. Je vous rassure : au début seulement.

L’alternance de la sédentarité et de la mobilité retrouvée fut joliment temporisée et le choix du mode d’exercice laissé à l’envie des intéressés. Nous fûmes donc dispensés de retrouver nos collègues si le bon coeur nous en disait. Et du coeur nous en avions, surtout moi. Je prolongeais donc le délice de la distance quelques temps et imposais ma présence comme bon me sembla. Plutôt pas, d’ailleurs. Nullement perturbée de vaquer de loin en loin, dès lors que la visioconférence ne me rattrapait pas.

La liberté n’était pas sans limite. Le territoire était vaste mais inaccessible. La frustration finit par prendre une place qui s’attachait à tout, ruinant les espérances d’une vacance hors des murs. La béance d’un temps que l’on ne peut exploiter est un punition sévère pour celui à qui elle est infligée.

La rage gagnait du terrain, la fatigue aussi. Quelque chose, soudain, a envahi l’espace, répandu un parfum de malaise, de mécontentement, dans nos rangs. L’incompréhension devint légion. Les techniques managériales paraissaient stupides, non maîtrisées et totalement inappropriées. Le temps n’était plus à la conciliation mais à la rupture, à l’affrontement. Quand j’y repense cela me fait l’effet d’un tunnel après la bulle, vous me direz il y a plus lumineux. Nous étions dans le noir complet. Nous n’en sommes plus jamais sortis. Libres de nos déplacements nous l’étions redevenus mais le groupe s’enferrait dans des critiques récurrentes et stériles. Personne n’y trouvait une place, sa place. De guerre lasse la motivation s’usa. Le face à face tournait au duel. Cruelle est la stratégie des querelles.

Cela dura jusqu’à l’hiver et ce malgré l’échappée belle sous la canicule enchantée. A la rentrée, la distance fut recommandée et personne ne se fit prier. L’humeur morose continua de dispenser son lot de mauvaises humeurs jusqu’à pas d’heure et non sans heurt.

J’en ai terminé avec cela depuis bien 15 jours et quand je me retourne sur cette année j’ai le sentiment qu’elle s’est évaporée. Je ne sais plus tout à fait ce qu’il en a été, j’observe un sentiment diffus et peu prégnant, comme étranger. L’impression ne n’avoir rien à conserver de ce temps égrené.

Retournée aux grands espaces, au bord de mer toujours et partout ailleurs sur les routes , les pieds sur terre, près de l’essentiel je regarde 2020 s’achever et ne suis pas mécontente d’en terminer.

Comme sur une balancelle

photo (2)

Suspendue au dessus du vide, la tête pleine de rêves. Dans l’expectative, j’accepte de ne pas savoir si la vie tiendra ses promesses. Où que le vent me porte, je me prête à ses désirs et m’applique à me satisfaire de  ne rien connaitre de mes lendemains.

 

Ainsi va ma vie, elle me va bien.

 

Petite parenthèse. Entre les lignes des chapitres sans entête, en quête. Plutôt que de croire, d’espérer et d’attendre, je reprends les rênes, je m’y attèle. A bras le corps, conquérante,  tant pis si je me plante. Je ne cours plus les challenges, je suis en survivance.

Si je regarde en arrière, je tire le frein à deux mains, ici et maintenant c’est  cela que je retiens. Je laisse à leur place les souvenirs au parfum de l’audace, débarqués à la première escale. J’ai eu peur d’oublier, mais rien ne s’efface, il y a toujours en moi, une trace. Celle du passage entre deux vies, j’y ai appris les couleurs des mirages. On joue, on tente sa chance, on choisit pile, on perd la face – rien de grave.

J’appuie sur start !

 

Comme des chiens andalous

lamourfou

Le grain de peau, façon tactile, s’effarouche si peu des invasions malhabiles. La soie se froisse, les habits glissent : rien à dire, tout s’explique le même tempo, la même musique. C’est toi qui m’invites, si, si, j’insiste !
L’amour nous prend aux tripes, il se greffe, nous agrippe. Aucun espace ne sépare nos corps qui se prennent et s’épanchent : rien n’est dit, tout s’écrit au contact de nos hanches. C’est toi qui compte, c’est moi qui flanche.
Un road moovie à la faveur des éconduits nous a conduit dans le même lit. C’est ainsi, rien n’est dit, tout se délie dans un corps à corps diabolique. C’est moi qui guide, c’est toi qui t’appliques.
Invasions territoriales. Le sort s’acharne, dictatorial tu es démoniaque…