Lyon sous la neige … tout un poème

A bien y réfléchir, je n’ai jamais eu aussi froid de toute mon existence. Dans cette ville à l’architecture stylée et au ciel bas, je suis loin de chez moi. Le soleil ne parviens pas à m’atteindre, il m’érafle à peine. Ce climat est une gageure mais le jeu en vaut la chandelle.

Je suis à Lyon pour mon deuxième séjour. Dans la ville des lumières le ciel s’est assombrit en fin d’après midi. En février le fond de l’air est plus que frais et la brise incisive brûle mes narines.

De là ou je viens, l’hiver s’achève presque. Les jours sont plus longs et déjà les bourrasques sympathiques chassent les nuages pour nous livrer des ciels idylliques autant que limpides. Ici, le moins que l’on puisse dire c’est que ciel est chargé et veille sur nous de très près.

Une fois mes bagages déposés, j’enfile bottes, écharpe et bonnet et me faufile prestement dans l’étroit escalier, courant jusqu’à la place Bellecour, prête à en découdre avec cet univers aux teintes lunaires. Je ne tiens plus en place, je veux TOUT voir. Découvrir les rues animées et celles plus discrètes, monter jusqu’au caillou, m’attabler aux terreaux et emprunter le funiculaire pour de la basilique, voir Lyon d’en haut.

Je suis arrivée il y a à peine une heure mais déjà le sang bat à mes tempes. Il y a tant de choses à voir, revoir, retrouver et entendre. Tant de lieux à explorer, tant d’ambiance à comprendre. Je n’aurais jamais assez d’heures pour tout « apprécier », je pars à la conquête sans tarder !

C’était bien présomptueux pour une fille du sud, habituée de longue date aux hautes températures, de croire que ce froid là ne me ralentirait pas. Les marches verglacées ont eu bien vite raison de mon impétuosité en ralentissant gravement l’ascension envisagée. Que dire de mes pieds qui gelaient sous trois paires de chaussettes ou de mes joues brûlées par le froid sec. De toute part, acculée par la faible température, ne me restait qu’une seule chose à faire : prendre du recul !

C’est donc attablée au chaud, derrière la fenêtre d’un bouchon au décor suranné, que j’ai regardé, comme on lit un poème, tomber la neige en ce 14 février…

Un ballade ça vous tente ? : https://www.leprogres.fr/environnement/2021/02/12/les-images-poetiques-de-lyon-sous-la-neige

Danser sa peine

S’ouvrir au monde et laisser le tempo rythmer la danse.

Il est venu vers nous son projet en bandoulière certain que l ‘on ferait  l’affaire. Il pouvait être serein, le milieu carcéral c’est la bonne aubaine ! Il y a toujours pléthore de volontaires.

Il nous observe. Poli il ne fixe son regard jamais plus d’une seconde sur la même personne. Il voudrait nous faire croire qu’il nous traite d’égales à égales. Je le vois bien moi, qu’il nous balade. Tu penses bien qu’il a déjà repéré les plus douées d’entre nous. Les filiformes au port de tête de Princesse même un aveugle ne verrait qu’elles au milieu de l’arène.

Et puis il y a celles qui se déhanchent comme des sirènes vont step by step mais ont déjà pris la pose « barre au sol » sûres de leur légitimité à en être de la troupe qui va les rendre célebs. Les pieds dans les starting blocks, droites dans leurs bottes, y’a pas à dire, elles en imposent. C est clair qu’il va falloir se battre, j ai pas envie de rater l’occase ! Il ne reste que quelques places, pas question de rester en rade. Mon ticket d’entrée c’est ma volonté : en-avant M.le professeur j’suis peut-être pas danseuse mais j’ai pas peur.

Imagine le kiff. Chaque semaine pendant deux heures je vais changer d’air. Quitter mes 9m2 enfumés pour les 120m2 de l’aire de sport, si c’est pas la liberté, ca s’en rapproche. Tu crois pas que je vais rester à la porte ! Peut-être même que je monterai sur scène, que j’irai me balader par delà l’enceinte au milieu de ville, invisible et impassible. Qui sait, après tout je ne vaux pas moins qu’une autre, moi aussi avant j’avais des rêves qui me trottaient dans la tête. Ils pourraient bien revenir par la grande porte, pour peut qu’on me laisse danser, après tout je ne suis pas encore morte !

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Librement inspiré du documentaire « Danser ma peine » filmant l’intervention du chorégraphe Angelin PREJLOCAJ auprès d’un groupe de femme incarcérées à la prison des Baumettes. Documentaire que je vous recommande vivement. Voici le lien vers un article qui raconte le projet. : https://www.nouvelobs.com/tv/20200326.OBS26635/angelin-preljocaj-j-ignorais-l-impact-de-l-emprisonnement-sur-les-corps.html

Chronique du silence

Ce n’est pas ici qu’elle commence. Elle s’est écrite entre les lignes, sur différents blogs successifs, sur des cahiers aussi, en version plus intime. Elle s’est rarement autrement affichée. Je la tenais sinon secrète : cachée.

Longtemps complice de l’attente, elle cherchait à absorber ce vide abyssal qui s’invite aux heures bleues du soir, entre chien et loup. Celui qui tord le coup à toutes les promesses faites sur le thème ‘on ne m’y reprendra plus’ qui jamais ne parviennent à faire taire l’amour « absolu » ni le vide qu’il laisse quand il n’est plus.

Aux confins de l’absence, réduite à l’impuissance je n’avais d’autre choix que la résilience. Le souffle de la passion avait mis à mal la réalité quotidienne et l’ennui des jours qui se répètent sans sel et que par habitude on ne valorise pas.

J’ai choisi la vie, dans tous les sens du terme. Me suis sauvée, j’ai largué les amarres. Jamais je ne l’ai regretté, ce qui ne signifie pas que je n’ai pas souffert, que je n’ai pas eu mal. Chroniquer le silence qui s’en est suivi, tout autant que les plus beaux de nos souvenirs ce fut…joli comme sait si bien le faire la vie.

Mon territoire

Celui des miens et de quelques autres. Celui que j’affectionne. Où je m’y sens vivre et libre.

Une multitude de petites choses, qui valent tout l’or du monde. Les embruns et le sel, les digues, le soleil. Les arbres parasols et les flamants roses. Pour beaucoup seulement un spot, le meilleur des vagues et du vent, quelques herbes hautes. Un petit coin de paradis accessible à l’homme.

A l’abri de vous, dix mois sur douze.  L’un des plus beaux endroits où le soleil se couche.

Des mots pour toi…

Bleus, le soir…lorsque que le soleil s’en va,

Blancs à crédit pour que tu n’en manques pas,

Beiges, de ceux qui s’envolent à tire d’ailes,

Durs, pas de la guimauve, ceux qui affirment la prose,

Doux, ceux du lever de jour,

Démoniaques, pour tes nuits d’insomniaques,

Habiles, pour suivre tes pensées quand elles s’emmêlent les fils,

Humouristiques, tu adores quand ça pique,

Hermétiques lorsqu’ils faut cacher l’indicible.