Comme une baleine hors de l’eau

Credits photo : One day

Ne vous êtes vous jamais sentis comme un cétacé échoué sur la plage ?

Souvenez-vous, cette sensation d’être presque à la bonne place, à peine trop loin mais suffisamment. Sentant confusément que vous n’êtes pas les seuls à le penser, d’autres l’ayant remarqué bien avant vous. Strictement incapables d’y changer quoi que ce soit ! C’est pourtant pas faute d’avoir essayé l’adaptation par mimétisme appliqué, ni faute de sourires appuyés. Rien n’y a fait. Depuis que vous avez rejoints la salle vous tanguez désespérément comme l’unijambiste de service tremblotant les doigts crispés sur sa coupe pétillante (elle) qui, et ce sera bien la seule, lui tiendra compagnie au pied levé !

Malaise assuré pour la soirée, angoisse enveloppante et souffle coupé. Pourtant si près d’y être, puis soudainement inapte à se fondre dans l’espace accordé. En avoir rêvé, tant de fois peut être, pour en cauchemarder en pleine réalité !

Pas de vaine, personne pour vous repêcher. Il ne fait pas bon être hors du cadre en société. Le groupe, espace protégé s’il en est n’a pas vocation à vous faciliter la tâche. Il aurait même plutôt tendance à rejeter. Par peur de perdre ses critères ? Peur de se dissoudre sous l’effet de singularités multiples et hétérogènes, pour cause de particularités ? Comment penser qu’une seule personne pourrait mettre en péril ce bel équilibre formaté ?

Etranges communautés d’appartenance qui aiment à se dire ouvertes et métissées mais qui peinent à faire une place à la nouveauté. Qui s’empressent de perdre l’éléphant dans le magasin de porcelaine niant l’y avoir invité. La carte du club, ce n est pas pour tout de suite, si vous voyez ce que je veux dire.

Alors on plonge ?

Ce qui se cache

au delà de l’image, affichée presque proclamée, c’est ce que tu tais.

Cela rassure ton auditoire de retrouver dans cette exposition ciblée, l’aveu bien commode d’un amour indéfectible et délicat, empreint de douceur et de certitudes. C’est bien pratique et surtout cela n’appelle aucune question, nul doute et pas plus de questionnements. Tu affiches donc tu es ! Au règne des réseaux sociaux, tu fais passer le message et tes proches s’en contentent bien volontiers.

Moi, je me marre et selon l’expression consacrée, je ris dans ma barbe (que je n’ai pas d’ailleurs 🙂 ). Parce qui d’autre mieux que moi c’est ce que tu n’es pas ? Je vous le donne en mille : pas grand monde. Tous ceux qui forment la belle équipe de tes plus grands potes, n’ont pas de souci autre à se faire que les leurs et s’il daignent parfois t’écouter en coeur autour d’un verre, c’est plutôt pour tes conseils avisés en la matière qu’au sujet d’éventuels dilemmes relationnels. La vie des autres, même celle de leur « meilleur » pote, franchement c’est : anecdote ! Déjà la leur, c’est tout un problème, une équation à deux inconnues serait plus facilement résolue que leur pseudo engagement infaillible, leurs tiraillements incessants et leurs histoires de famille, c’est dire s’ils n’ont pas d’instant à consacrer à tes soucis métaphysiques.

Tu ne veux inquiéter personne sur ton sort. Rassures toi, de tes proches aucun n’avait l’intention de s’en faire. C’est une aubaine ! Si seulement ils pouvaient faire de même. Beaucoup envie ton audace, ta façon de paraître « grande classe ». Ils voient dans tes manifestations un peu vieille époque, ton côté mousquetaire – seul à trouver non pas les ferrets mais bel et bien la reine et de t’en vanter sous le sceau du secret. « Ne le dites pas mes potes, mais j’ai trouvé le top !  » Bien sûr qu’ils te jalousent et sourient de bon coeur en trinquant à la belle aventure, en pensant au fond qu’elle est tellement contre nature, qu’elle ne durera pas un round de plus que la précédente, pour sûr c’est couru d’avance.

C’est vrai qu’au fond ils t’aiment…bien, tu les fais rire. Avec toi il peuvent rigoler de tout et tant qu’il ne s’agit pas d’en pleurer. Tu les retrouve sans mal autour de la table pour trinquer et ils ne sont jamais les derniers à lever leur verre … à leur santé et qu’importe la tienne. Tu dis souvent qu’ils sont là quand tu es en peine, mais combien d’entre eux se libèrent dans l’instant quand autour de toi la vie se déchaîne ? Les doigts d’une main, rappelle toi ce qu’il en resta…

Je souris car au fond je sais que tu n’es pas dupe. Cela t’arrange bien d’être « taillé » pour l’aventure. C’est ainsi que tu voudrais être, le héros parmi les « guests  » et un héros qui mieux que toi le sait : ça ne pleure ni ne se plaint jamais !

Jusqu’à ce qu’elles s’emballent

Je vous préviens tout de suite, pour le moment nous n’avons pas vécu de drame, mais il s’en est fallu de peu.

L’ambiance légère et insouciante rue dans les brancards, envahit le rez de chaussée et grimpe même jusqu’à l’étage. Ciel ! c’est donc ainsi que tout s’électrise ! Je dois avouer que je suis perplexe, à la Cour les courtisanes sont d’usage, mais là c’est peu dire qu’elles prolifèrent et se reproduisent en masse. Certain(e)s d’entre nous connaissent les rouages de cette mécanique patronale. D’autres en ont soupé, comme on dit, et les derniers s’en sont lassés Pour ma part, je l’avoue, je trouve cette gymnastique plutôt comique.

Voici les consignes : Il faut bien sûr savoir manier le verbe, l’avoir un peu haut et ne pas manquer de verve. De beaux atours et un joli visage ne gâtent en rien le paysage. Il faut toutefois modestement en faire bon usage. Enfin une fois dans l’arène : ne jamais revenir en arrière.

Les nouvelles recrues, toutes auréolées de gloire sont sujettes à de « rapides » affections, mais l’on aurait tort de croire qu’elles sont les seules à en vouloir ! La compétition règne. Tous et toutes jouent la même scène. Les couloirs et les salles de conférence sont connus pour diffuser en interne les propos élogieux et les bons commentaires. Aussi il en est fait bon usage et s’y jouent moultes bons mots et compliments. Assénés à grand coup de courbettes on s’en délecte.

Avouez, vous aussi l’avez déjà vu faire. Peut être même avez vous parié sur le classement des stars éphémères. Car au final c’est bien de cela qu’il s’agit, se placer au somment de la pyramide des bras droits préférés de notre seigneur : « l’adulé ».

C’est fou, mais d’évidence le Roi est très sensible à ce type de pratique. Dès lors qu’une petite main fait mouche, oups ! ça le touche. On le voit piqué dans sa chair, regonflé à bloc, il se sent pousser des ailes. Mieux … il vole ! Oui je sais je ne suis pas très indulgente, peut être même méchante. Si seulement ce n’était que drôle !

N’empêche que , méchanceté ou pas, ce n’est pas moi qui vais l’être, quand au premier mot de désaccord on me foutra dehors ! Parce qu’au final c’est bien ce qui se passe, lorsque l’élu(e) d’un jour se voit enfin honnête et crie à tue tête que le bon génie n’est plus et que tous doivent le reconnaître.

La franchise n’est pas sans risque et fort peu rémunératrice. A la moindre critique on sort de piste. Et ce n’est pas le chef qui va me contredire.

Et tous ces Rom’ qu’on expulse

 
 
France terre d’Asile ou d’Exil..
 
°°°
 
Je me souviens d’un temps où l’on conjuguait acceuillir au présent.
Il s’agissait bien moins d’une question d’image que d’offrir d’autres paysages, une voie de secours pas de garage.
Aujourd’hui on reconduit à la frontière, on démantèle, sous le couvert d’une politique sécuritaire.
 
 
 
 

Lignes de vie

Une histoire singulière qui valait un pluriel. Celle dont je me souviens avec cette pointe de piquant sur le bord de mes lèvres, et qui fait encore trembler ma main, quelques fois sur le papier Vélin. Des mots pour une anecdote, un fondement du passé qu’on isole, comme des parcelles de météores mises sous cloches. Des morceaux de moi, des bouts de rien, de l’enfer aux délices, des va et vient. Et ses mots qui s’entrechoquent encore lorsque d’autres osent, leur donner ce sens qui leur revient, un passé qui s’éteint.

Un conte millénaire, qui cherchait un éternel et donnait au voyageur de passage, un ancrage, un point de repère, un rivage. Et le souvenir me rattrape quand ma vie reprendre le dessus, qu’elle m’égare, dans ces rencontres, ces visages, qui méritent mieux qu’une passade. Comme un lien dont je ne pourrais me défaire, une piqure de rappel, qui donne à l’absence ce gout d’éternel, la magnifie, mais me désespère.

Une fable …

Que sommes nous en droit d’attendre, de promettre et de reprendre ?

Quelle est la marge de manœuvre entre l’attachement et une fidélité antérieure.

Quelle place laissons nous aux successeurs, quelle chance ont-ils, quelle valeur ;

Quand le souvenir de l’autre s’annexe sans cesse …

J’ai dix ans

 
Pincez moi que je crie pour voir ! Non mais je vous jure, franchement des comme ça, vous me les copierez !
 
On nous a fait cette semaine tout un  "pata-qu’est-ce " de la situation de nos pauvres (?!) petits stagiaires exploités par des firmes multi-vachement-calées question économies budgétaires. Mais mois je dis : Gaffe, y’en a qui bossent pas ! La preuve par l’e-message ! 
 
 Jeudi dix sept heures et des poussières, les portes s’ouvrent on nous libère ! Comprenez, les grilles s’ouvrent, on peut sortir et faire des bulles hors de ‘aquarium. Ah si vous saviez comme c’est bon quand elle sonne la cloche !  J’sais pas vous, mais moi, quand on me dit  c’est fini, ben, j’applique le truc BASIQUE. Je coupe tout, j’intègre la notion de Fin, et faites moi confiance ça je l’intègre bien… pire je la digère. Alors quand à dix sept heures et des bananes on me glisse une peau sur le coin du bureau, là c’est sur, comment vous dire, là forcément je sens tout de suite que ca va moins bien le faire d’aller buller à l’air…
 
Alors que je sors de mon bureau mon sac sur l’épaule prête à en découdre avec le beau temps calé là, juste derrière ma fenêtre, je croise le regard de Miss Cacahuette, au bord de la crise suicidiaire. En bonne collègue que je suis (soucieuse de ne pas être seule demain à me taper tout le turbin) je m’en inquiète. Et là, que croyez vous que j’apprene, là,  à brule pourpoing, à l’arrache, tout droit sortie d’une histoire de peau de vache ?  La beauté fatale s’est fait la malle en oubliant dans ses tiroirs trente cinq dossiers qu’il est plus qu’impératif de préparer !
 
Là, j’avoue,  sur l’instant, je n’ai pas tout tout bien intégré, j’ai craqué, j’ai eu une tite faiblesse de l’épaule. Vous savez celle du sac qui le trouvait si léger, quand j’avais la main sur la poignée… J’ai entendu s’entrechoquer les clefs et le téléphone, et là, c’était au dessus de mes forces, j’ai bestialement hurlé : grosse conne.
Bon, je sais c’est exagéré. D’autant qu’elle a la ligne, la conne en question. La faute aux expressions toutes faites, n’empêche …
 
N’empêche qu’elle m’a plombé ma soirée d’employée à l’ancienneté et au CDI renouvelé, qu’elle m’a mise en rage devant autant de négligence, d’inconscience, de décalage… elle avait un train à prendre, forcément à côté de ça les conséquences… Elle s’est tirée se la couler douce, pendant qu’à trois on se partageait "allègrement" ses fonds de tiroirs jusqu’à plus y voir !
 
Faut croire qu’on attendait un miracle, une perle pas de la rocaille. On avait mis tous nos espoirs  dans cette jeunette avec un visage d’ange
 et une gouaille à la Gégé le routard – survoltée et tête en l’air, que l’on repêchait à tour de rôle dans une ambiance de cour d’école.
 
Dans le genre on s’est fait rouler dans la farine, c’est droit dans le mille !
 
Y’a pas mort d’homme, c’est sur, mais croyez moi si vous le voulez, lundi ça va "chier" à la récré !