Il ne pleut pas et je ne t’attends plus…

Parce que je suis devenue sourde et que je n’entends plus cette plainte assourdissante, languissante et vaine que tu noyais d’alcool et de faux semblants.
Parce qu’à l’usure du temps, la vérité triomphant de tous les cache-misères et les serments d’enfant – tu es apparu nu et que cela n’eut rien de flamboyant.
Pas d’étoile, tu n’étais qu’une lueur diffuse, et de brillant tu n’avais que le titre, c’est dire toute la platitude des discours grandiloquents.
Tu ne m’eue qu’à l’usure, la limite n’étant qu’une question de temps. Le chaos rend les histoires tristes et les aspirations chimériques n’y survivent pas longtemps. Tout cela est d’un « bateau » confondant.
Il n’est jamais trop tôt pour apprendre, surtout à ses dépens, que les plus belles choses qui nous arrivent sont rarement celles sur lesquelles on pariait tant.

Parce que le soleil brille aujourd’hui, à l’avenant. Il n’y a plus de prétendant au bal de l’éclipse, plus de météorites destructrices, rien que du bleu, du bleu intensément.
Parce qu’il est l’heure de vivre, c’est tout ce qui importe vraiment. Il n’y a pas lieu de se demander comment cela va finir, c’est un secret que seuls connaissent les vieux amants. Il sera bien temps de l’écrire la partition du souvenir, rose, comme l’eau d’un roman.
Si mon iris pétille, c’est à cause de la lumière qui irradie, là, tout en dedans ! Désormais, il n’y a pas de risque, qu’il pleuve ou qu’il vente, rien ne se brise. C’est fou comme tout s’enracine, pour peu qu’on le veuille véritablement.
Il n’est jamais trop tard, pour comprendre, surtout à ses dépens, l’intensité de l’instant, celle qui arrime les cœurs, sur la rive, à la force du sentiment.