Traces de toi

Il y a comme des traces de toi dans la rondeur de ces nuages qui se laissent porter vers ailleurs. Des morceaux de douceur qui s’échappent, qui s’envolent, sous le vent qui les encourage à viser d’autres cieux. L’horizon immédiat n’est qu’une étape, une autre bouée à laquelle s’accrocher. Des galets blancs, ici et là, abandonnés au bord du champ des possibles, c’est indéniable : les cailloux se sèment même si l’on n’a pas l’intention de rentrer.

Vents contraires et pluie d’orage, le décor s’habille des couleurs de la soie sauvage, peu à peu le regard s’égare. Il vagabonde, se perd, rebondit, puis se disperse, naviguant entre ombres et lumières. L’accostage se fait les mains crispées – l’abordage reste compliqué, c’est un fait : le bastingue ne peut pas, de tout, nous protéger.

L’itinéraire parallèle, se plait à se laisser conter, les petits chemins sans ornière, les sentiers non balisés. Au dos des cartes postales, les mots sont frivoles et légers ; indolents ils se posent un instant, un instant à peine, avant de s’envoler. Parce que l’air du large nous aide à mieux respirer, partir c’est aussi s’évader.

La loi des nuits de pleine lune

Dans le silence  d une Lune bienveillante les
Maux se sont tus. Le temps avait fait son ouvrage , laissant filer la peine avec l orage.

Cet apaisement soudain l avait étreint dans une certitude encore floue, sans frontière ni réels contours.  Une sorte de brume épaisse dont la vocation tenait du mystère mais d une efficacité sans pareille.  Ce flottement des sens avait un goût de printemps avant l heure . Comme une récompense sur délit mineur, un rien a peine emprunte   dans les mains d un usurpateur. 

La joie caracolait chez lui comme jadis la pluie cinglait aux carreaux des fenêtres. L espoir renaissait du brasier mal éteints des illusions feintes et de ses  passions a peine nees et deja défuntes ;  ecrasant le vide au passage.

Il   Ne restait rien de ses errements sans faille,  de son parcours sinueux,  de ces chutes abyssales.  
Rien qui ne le retienne de tourner la page …

Amer

L aventure a des allures de voyage au bout de la nuit.
Ses langueurs ravageuses ont eu raison d une passion prête a éclore , le silence a couvert la mélodie des mots qui volent.
Aux subtils accords s est substitue le chuintement monocorde , ne reste qu un vague brouhaha de notes sans accord.

Les doigts pianotent fébriles mais l équilibriste a perdu le fil , c est mauvais signe !