Je ne parviens pas à définir, ce sentiment versatile. Il va, vient, navigue, se fait oublier, puis sans prévenir : réapparait ! Il passe de l’état d’effluve subtile à celui de note de tête, au gré d’un moment, à la faveur d’un geste. Je crois bien qu’il s’amuse à me faire tourner la tête. Je voudrais ne pas trop m’émouvoir des battements de cœur au gout de chamade, qu’il provoque à chacune de ses attaques, mais…

Je résiste mal, à ce sentiment indocile. Il me bouscule, me chavire et me trouble, puis sans prévenir : me saoule ! Il devient telle la concrète, bien trop bonne pâte et cela m’énerve. Après tout, pourquoi un tel remue-ménage, des coups de tête j’ai passé l’âge. Je crois qu’inconsciemment, au jeu, je me prête, que je résiste mais à peine. Je ne voudrais pas trop décevoir, mes rêves d’enfant, longtemps remisés au placard. Je bougonne un peu pour la forme, mais au fond j’aime cet homme.