1,2,3 SOLEIL…

On voudrait pourtant, on espère,
Tant d’instants se perdent
Dans cette quête vaine.

L’idéal fragile lacéré par la bise, ballote au bout du fil. Il affronte l’équilibre hostile qui voudrait que rien, jamais, ne franchisse la ligne.
C’était prendre un grand risque, que d’afficher ce vœu intime, ce souhait presque animal, rivalisant avec les auspices fatals, de s’en tenir à ne plus avoir mal.
C’était devoir faire face, aux incrédules, aux cyniques, à tous ces bons élèves dociles, à ceux qui doutent, se méfient, aux têtes de liste.
C’était avouer en substance l’unique sens de la conquête, entre deux lieux communs et trois phrases toutes faites. Enlevez l’habit, le moine se prend une veste.
Ils n’attendaient qu’un signe, pour que le feu se mette aux poudres et le bonhomme en déroute ; ils l’attendaient comme les platanes aux bords des routes louchent sur les motards trop prompts aux coups de foudre.

Il n’y a que dans les rêves d’enfants que l’on vit sa vie comme un roman…

Escale

http://anneetsim.uniterre.com/Australie

J’ai posé mes bagages sur une terre inconnue et sauvage. L’air soyeux apaise la rugosité de l’accueil réservé et sommaire. Ici, je suis une étrangère. Je viens de loin, d’une autre vie, pas moins hostile, mais si singulière.

J’ai fait un long voyage. Mes pérégrinations chaotiques m’ont conduit jusqu’à vous en m’éloignant d’autres. Les émotions, les mots, les symboles se brouillent et leur sens se dissipe, dans cet univers austère, qui va à l’essentiel.

Je suis une route sinueuse, un parcours escarpé, une pente sablonneuse comme on avale des kilomètres, à grande vitesse. Je n’ai plus peur, le danger vient de moi, pas d’ailleurs. Chaque étape efface celle qui la précède, l’oubli sert de remède.

Je n’ai plus vraiment de temps à perdre, alors je le prends comme une bonne aubaine. L’air de rien ça libère. La providence pourvoira quelques aubaines, il ne faut pas négliger les grâces célestes…

http://anneetsim.uniterre.com/Australie

Au milieu coule une rivière…

Pour ne rien dire, ne rien raconter. Juste montrer qu’on respire à nos côtés. Que si le temps parait lisse, stérile et inhabité, croire qu’il peut encore être riche et savamment dépensé.
Pour partager ce que l’on tait et faire taire le tout à jamais. Ressentir encore de la peine, mais plus encore de la gaité. La laisser entrer. Espérer juste un peu plus fort et avancer.
Pour tous ceux qui n’ont rien dit, les réduits au silence, les emmurés. Seulement dire ce qu’ils se sont épuisés à contenir et qu’ils n’ont jamais oublié. Insuffler un peu d’innocence et un zeste de naïveté.
Pour un instant d’humanité…