Le flatté vit dans le reflet de celui qui le regarde

Les heures s’alignent et s’allongent, l’air de rien, l’opportunisme est à la mode. Les météores satellisent, la petite Cour s’applique à adoucir les contours. Un sourire, un autre voire pire encore, je vous passe les anecdotes. Il y prend goût, certes à tort, mais lui ne voit que ce qui brille, même s’il n’est pas question d’or. Flatté, charmé, que sais je encore ? Le Prince, signe là son propre arrêt de mort. A ne savoir vivre que dans le regard de l’autre, on finit par payer le prix fort.
C’est insidieux et habile. Les chiens se révèlent dans les jeux de quilles. Pas à pas, l’opportune se faufile, c’est clair comme de l’eau de roche, mais malgré l’apparence des coutures, l’homme ne voit pas le fil. Il tend le cou, prête l’oreille, et tout ce qui est dit l’émerveille. L’oiseau des iles est son nouveau soleil, sous son regard, il croit qu’il brille. L’égo a vite fait de croire à l’aura ; c’est ce qui le perdra.
Les rouages prennent des airs de manèges. Cela donne un air de fête à son quotidien ordinaire, l’entoure de ce parfum d’inaccessible et de mystère, dont ont besoin ceux qui ne vivent que lorsqu’ils plaisent.
Fine et maligne elle tisse son piège, c’est si facile, la chèvre est docile. On la pense sibylline, sous ses airs de bonne famille, on lui donnerait, sans compter, de cette Sainteté dont on remplit les Bibles. Indubitablement la confiance est de mise, l’apparence ayant fait l’habit, même un moine serait séduit. Elle mène le jeu, tandis qu’il frime, c’est pathétique.

Traces de toi

Il y a comme des traces de toi dans la rondeur de ces nuages qui se laissent porter vers ailleurs. Des morceaux de douceur qui s’échappent, qui s’envolent, sous le vent qui les encourage à viser d’autres cieux. L’horizon immédiat n’est qu’une étape, une autre bouée à laquelle s’accrocher. Des galets blancs, ici et là, abandonnés au bord du champ des possibles, c’est indéniable : les cailloux se sèment même si l’on n’a pas l’intention de rentrer.

Vents contraires et pluie d’orage, le décor s’habille des couleurs de la soie sauvage, peu à peu le regard s’égare. Il vagabonde, se perd, rebondit, puis se disperse, naviguant entre ombres et lumières. L’accostage se fait les mains crispées – l’abordage reste compliqué, c’est un fait : le bastingue ne peut pas, de tout, nous protéger.

L’itinéraire parallèle, se plait à se laisser conter, les petits chemins sans ornière, les sentiers non balisés. Au dos des cartes postales, les mots sont frivoles et légers ; indolents ils se posent un instant, un instant à peine, avant de s’envoler. Parce que l’air du large nous aide à mieux respirer, partir c’est aussi s’évader.