Furtivement les limites devinrent moins aigues. Une brume insidieuse s’entremêla aux contours, adoucissant l’arête précise qu’on avait mise à jour – le tangible, le remarquable et l’imposant virant au flou.
L’invasion fut sournoise, certes, mais surtout conquérante et volontaire.
Cédant à l’habitude de croire que ce qui est, sera, notre acuité s’était assoupie sur les bords.
On les avait posées là, évidentes, assumées, claires et précises ; les pensant à jamais définies – parce que c’était dit.
Mais le mouvement des Etres, à l’intérieur des frontières, brasse le temps et l’espace à sa manière. Fluctuant, il finit par ajouter au périmètre !

Au présent… simple(ment)

Le papier de soi se fripe sous mes doigts malhabiles, pressés et curieux de  savoir ce que tu caches à mes yeux . Alors que mon esprit se déchaine et ne cesse de tirer des plans sur la comète, les images défilent, l’espoir presque se matérialise, ma tête et mes sens s’agitent.  Cette attente est insupportable, elle déchaine l’imagination à chaque respiration. Tour à tour s’impriment les souhaits, les désirs, les attentes ; autant de rêves ou de fantasmes trop longtemps brimés, qui ne demandent qu’une chose, qu’un mince souffle pour être exaucés ! Les espoirs s’égrennent et s’agglutinent dans une bouffée d’optimisme.  Bon sang ne saurait mentir, un soupçon d’attention devrait suffire. Il ne faudrait rien de plus que peu de chose, pour que ce papier trop légèrement teinté , ne renferme l’idée du bonheur à forte dose. 

Autant d’aller retour… pour aller au plus court la solution n’est pas d’effleurer les contours !  

Il faut d’un geste vif et preste, trancher dans le vif, donner du lest, délier le Bolduc : ouvrir le truc !