Le flatté vit dans le reflet de celui qui le regarde

Les heures s’alignent et s’allongent, l’air de rien, l’opportunisme est à la mode. Les météores satellisent, la petite Cour s’applique à adoucir les contours. Un sourire, un autre voire pire encore, je vous passe les anecdotes. Il y prend goût, certes à tort, mais lui ne voit que ce qui brille, même s’il n’est pas question d’or. Flatté, charmé, que sais je encore ? Le Prince, signe là son propre arrêt de mort. A ne savoir vivre que dans le regard de l’autre, on finit par payer le prix fort.
C’est insidieux et habile. Les chiens se révèlent dans les jeux de quilles. Pas à pas, l’opportune se faufile, c’est clair comme de l’eau de roche, mais malgré l’apparence des coutures, l’homme ne voit pas le fil. Il tend le cou, prête l’oreille, et tout ce qui est dit l’émerveille. L’oiseau des iles est son nouveau soleil, sous son regard, il croit qu’il brille. L’égo a vite fait de croire à l’aura ; c’est ce qui le perdra.
Les rouages prennent des airs de manèges. Cela donne un air de fête à son quotidien ordinaire, l’entoure de ce parfum d’inaccessible et de mystère, dont ont besoin ceux qui ne vivent que lorsqu’ils plaisent.
Fine et maligne elle tisse son piège, c’est si facile, la chèvre est docile. On la pense sibylline, sous ses airs de bonne famille, on lui donnerait, sans compter, de cette Sainteté dont on remplit les Bibles. Indubitablement la confiance est de mise, l’apparence ayant fait l’habit, même un moine serait séduit. Elle mène le jeu, tandis qu’il frime, c’est pathétique.

Furtivement les limites devinrent moins aigues. Une brume insidieuse s’entremêla aux contours, adoucissant l’arête précise qu’on avait mise à jour – le tangible, le remarquable et l’imposant virant au flou.
L’invasion fut sournoise, certes, mais surtout conquérante et volontaire.
Cédant à l’habitude de croire que ce qui est, sera, notre acuité s’était assoupie sur les bords.
On les avait posées là, évidentes, assumées, claires et précises ; les pensant à jamais définies – parce que c’était dit.
Mais le mouvement des Etres, à l’intérieur des frontières, brasse le temps et l’espace à sa manière. Fluctuant, il finit par ajouter au périmètre !

Au présent… simple(ment)

Le papier de soi se fripe sous mes doigts malhabiles, pressés et curieux de  savoir ce que tu caches à mes yeux . Alors que mon esprit se déchaine et ne cesse de tirer des plans sur la comète, les images défilent, l’espoir presque se matérialise, ma tête et mes sens s’agitent.  Cette attente est insupportable, elle déchaine l’imagination à chaque respiration. Tour à tour s’impriment les souhaits, les désirs, les attentes ; autant de rêves ou de fantasmes trop longtemps brimés, qui ne demandent qu’une chose, qu’un mince souffle pour être exaucés ! Les espoirs s’égrennent et s’agglutinent dans une bouffée d’optimisme.  Bon sang ne saurait mentir, un soupçon d’attention devrait suffire. Il ne faudrait rien de plus que peu de chose, pour que ce papier trop légèrement teinté , ne renferme l’idée du bonheur à forte dose. 

Autant d’aller retour… pour aller au plus court la solution n’est pas d’effleurer les contours !  

Il faut d’un geste vif et preste, trancher dans le vif, donner du lest, délier le Bolduc : ouvrir le truc !