Traces de toi

Il y a comme des traces de toi dans la rondeur de ces nuages qui se laissent porter vers ailleurs. Des morceaux de douceur qui s’échappent, qui s’envolent, sous le vent qui les encourage à viser d’autres cieux. L’horizon immédiat n’est qu’une étape, une autre bouée à laquelle s’accrocher. Des galets blancs, ici et là, abandonnés au bord du champ des possibles, c’est indéniable : les cailloux se sèment même si l’on n’a pas l’intention de rentrer.

Vents contraires et pluie d’orage, le décor s’habille des couleurs de la soie sauvage, peu à peu le regard s’égare. Il vagabonde, se perd, rebondit, puis se disperse, naviguant entre ombres et lumières. L’accostage se fait les mains crispées – l’abordage reste compliqué, c’est un fait : le bastingue ne peut pas, de tout, nous protéger.

L’itinéraire parallèle, se plait à se laisser conter, les petits chemins sans ornière, les sentiers non balisés. Au dos des cartes postales, les mots sont frivoles et légers ; indolents ils se posent un instant, un instant à peine, avant de s’envoler. Parce que l’air du large nous aide à mieux respirer, partir c’est aussi s’évader.